Au détour d’une conversation, lors d’une dégustation sur Amiens, avec Bruno, on en vient à se dire qu’il serait bien de s’organiser un réveillon où la part belle serait faite aux vins …
Comme une rupture avec le réveillon familiale. ;-)))

N’écoutant que leur grand cœur, Valérie et Bruno nous invite à fêter ce réveillon de la Saint Sylvestre, chez eux. Nous acceptons avec grand plaisir, les moments partagés avec eux sont toujours délicieux.
Je vois déjà l’œil de Bruno briller, pensant déjà aux flacons qu’il va nous ouvrir, pour nous mettre au défi de la dégustation à l’aveugle…

Nous commençons donc par un Champagne, l’attaque se fait sur une bulle fine, évanescente, une belle matière, sur des notes complexes fruits secs, une pointe mellifère, du vin comme je les aime…
Petraea 97/02 de Francis Boulard , un régal…

De suite, Valérie nous met en garde en nous expliquant le déroulement du menu.
Sa générosité, ainsi que l’envie de rechercher les accords mets/vins, lui ont fait faire de multiples services… 

4 mises en bouche autour du saumon, Saumon/gelée betterave, Saumon/purée d’avocat/œuf de saumon, Saumon poché.
5 pré entrées, cassolette de St Jacques, St Jacques/Colin fumé de poisson, Lotte à la tomate, ris de veau, aumônière de saumon.
2 entrées, duo de foie gras mi-cuits canard et oie, duo de foie gras frais poêlé canard et oie au Layon.
Un plat, un magnifique rôti de bison et sa purée façon Robuchon.
Fromages
Et trois desserts…

Vaillant combattant, nous ne sommes même pas effrayés, il faut dire que malgré ces multiples services, Valérie a pris la précaution d’ajuster les parts, elle a réussi son pari, nous sommes restés à table jusque 3h30, sans voir le temps passer…

Le deuxième vin n’est pas très expressif au nez, l’attaque en bouche est un large, je suis perdu…
Avec un peu d’aération, Cécile ressent une note beurrée, le vin a besoin d’air.
J’y reviens, effectivement, le nez plus expressif, un Chardonnay riche. La bouche gagne un peu en tension tout en restant assez large. C’est décidé, pour Cécile nous sommes à Chablis… moi je tâtonne, trop… Bruno annonce Séchet 2003 de Vincent Dauvissat, je n’imagine même pas ce que doit donner Vaillons 2003 en ce moment…

Le troisième vin, nous propose un premier nez sur des notes terpéniques. Le nez gagnera à l’aération, il se précisera, devenant plus élégant, subtil. La bouche a un joli volume, le vin est assez long, il répondra très bien à la Saint Jacques en cassolette. Je suis toujours à la rue pour définir ce vin complexe… Mas Jullien blanc 2001. Pourtant nous l’avons dégusté récemment à Vannes avec les amis LPV-Bzh…

Le quatrième vin, le nez sur des notes un peu exotique, une pointe d’ananas, belle fraîcheur. La bouche présente une belle attaque assez ronde, mais dès le milieu de bouche l’acidité joue son rôle, pour emballer une finale longue sur le pamplemousse rosé… Superbe vin waou !!! Hegoxuri 2005 du domaine Arretxea.
J’avais adoré le 2007, je suis bluffé par ce 2005 qui n’a pas eu l’agrément pour quelques SRs de trop… :-(((

Nous passons aux entrées, foies gras...
Le cinquième vin, le nez est très élégant, raffiné, sur des notes de coings, léger exotique, une pointe fumée, mes sens sont en éveil, cela fleure bon le Chenin, vouvrillon, le silex, je me lance François Pinon, bingo, 1ère Trie 1989 … La bouche est harmonieuse, une douce liqueur équilibrée, aérienne.
La finale est longue, la bouche reste fraîche, superbe vin…

Le sixième vin sort de notre cave Suronde 1989 Laffourcade, rien à dire, du classique, monolithique, pas de relief… décevant… désolé… :-(((

Nous attaquons les rouges.

Le septième vin joue un peu les brutes, malgré une relative fraîcheur, je pense de suite à l’Italie…
Mauvaise pioche, Les Rouliers d’Henri Bonneau 04/05. Je le connaissais sur l’assemblage 02/03 tout en finesse, un peu sauvage, là on change de braquet. Bien au final.

Le huitième vin, un joli nez de garrigue, en bouche le vin est sans défaut, net, mais pas excitant…
Il accompagnera la viande avec douceur. Chateaneuf du Pape Boisrenard 1999

Le neuvième vin, un gros nez très aromatique eucalyptus, fruits noirs. La bouche est savoureuse, pleine, la finale est longue. Je suis encore à la rue, Bruno annonce une bouteille qui a eu de bons échos à sa sortie Domaine Gardies, La Torre 2001.

Le plateau de fromage arrive, Bruno ressort les blancs, quand il me voit couper un morceau de Comté, son sens de la générosité reprend une fois de plus le dessus…
Je le vois partir et revenir avec un Savagnin 2001 de S Tissot. Au nez pas de doute, c’est du Savagnin.
Noix, pomme granny, une pointe fumée. La bouche est complexe, une belle matière, belle longueur. Très bien.

Une Sélection de Grains Nobles 1997 de Philippe Delesvaux vient accompagner le premier dessert , nous rendrons les armes devant les deux autres desserts…
Cette SGN 97 se présentait très bien, une véritable gourmandise, on en redemande, tiens d’ailleurs, je crois que j’ai bien fait d’en encaver à nouveau quelques bouteilles. ;-)))

Voilà, il est maintenant 3h30, nous avons passé un moment merveilleux, en bonne compagnie.
Un grand merci à Valérie et Bruno, les amis, cela a du bon…

Laurent